Les propos choc d’Emmanuel Macron sur les limitation de vitesse à 80 km/h.

limitation de vitesse

Limitation de vitesse : C’est ce qu’aurait affirmé Emmanuel Macron à Laurent Wauquiez en tête-à-tête, selon l’entourage du président de LR.

A la sortie de leur entretien de jeudi, aucune déclaration officielle n’avait été faite devant les médias. Mais les entourages d’Emmanuel Macron et de Laurent Wauquiez se sont, depuis, épanchés sur les sujets évoqués lors de cette rencontre inédite de cinquante minutes entre le chef de l’Etat et le président de LR.

« Depuis deux ans, on a l’impression que vous avez tourné le dos aux territoires. Je n’ai aucune réponse sur les petites lignes ferroviaires » et « au lieu de mettre de l’argent sur les moyens de transport vous nous mettez les 80 km/h », avait accusé Laurent Wauquiez pendant le débat qui a suivi cette rencontre.

Emmanuel Macron

« Ce n’est pas à la hauteur d’un chef de parti »

Auparavant, lors de son tête-à-tête avec le chef de l’Etat, le président de LR lui aurait déjà fait part de ses critiques sur cette mesure impopulaire. « Les 80 km/h, je n’y suis pour rien, c’est mon Premier ministre. C’est une connerie, ce n’était pas dans mon programme », aurait répondu Emmanuel Macron selon l’entourage de Laurent Wauquiez cité par BFMTV, des propos également rapportés par le Parisien.

Ils ont cependant été démentis par l’Elysée auprès de BFMTV : « Le président a déjà parlé dix fois des 80 km/h, il n’est pas du genre à se défausser sur qui que ce soit », a répondu un proche d’Emmanuel Macron, lançant à l’adresse de Laurent Wauquiez : « ce n’est pas à la hauteur d’un chef de parti ».

Lors du lancement dans l’Eure du grand débat national le 15 janvier, le chef de l’Etat s’est déclaré ouvert à des aménagements pour faire en sorte que celle-ci soit « mieux acceptée », marquant ainsi un possible revirement de l’exécutif sur cette mesure défendue par Edouard Philippe.

vitesse à 80 kmh

Emmanuel Macron avait-il vraiment promis qu’il n’y aurait plus de SDF en France fin 2017?

Au cours de son « invitation » surprise à un débat citoyen organisé à Bourg-de-Péage (Drôme), jeudi, Emmanuel Macron a répondu aux nombreuses questions des participants. L’occasion d’aborder, pendant plusieurs heures, de nombreuses problématiques, comme la fiscalité, l’écologie, la scolarité ou encore la pauvreté.

Mais une séquence a particulièrement marqué les esprits : l’interpellation du président de la République par un « gilet jaune » sur la question des sans-abri. « Vous avez parlé des SDF et vous avez dit, en 2017, qu’à la fin de l’année il n’y aurait plus de SDF en France. Vous savez combien de SDF sont morts l’année dernière, en 2018 ? 510 ! […] Parce que vous n’avez pas mis la politique en place, la promesse que vous avez fait » lui a ainsi lancé cet intervenant (à partir de 19’15 » sur le direct vidéo de l’Elysée).

Dans sa réponse, isolée sur un extrait très repris sur les réseaux sociaux, Emmanuel Macron se défend d’une telle promesse : « Je n’ai pas dit en juillet 2017 et je n’ai pas pris d’engagement de campagne d’avoir zéro SDF. J’entends beaucoup de gens qui disent ça… »

« C’était en juillet 2017, je n’ai pas pris cet engagement de campagne et je n’ai pas dit ça même en tant que président. J’ai eu, à Orléans, un mot sur les […] demandeurs d’asile qui étaient dans la rue et les bois » poursuit Emmanuel Macron. Il fait ainsi référence à des propos qu’il a bien prononcés à cette date, lors d’une visite dans la région.

FAKE OFF

Le 27 juillet 2017, quelques mois après son élection, Emmanuel Macron se rend à la préfecture du Loiret pour y prononcer un discours lors d’une cérémonie de naturalisation. L’occasion de détailler, pendant cette intervention d’une trentaine de minutes, sa politique en matière d’accueil des demandeurs d’asile, sous les yeux notamment de son ministre de l’Intérieur de l’époque, Gérard Collomb.

réaction

« C’est sur notre sol que se joue aussi le traitement administratif des demandeurs d’asile afin que ceux qui en sont déboutés n’attendent pas un an, dix-huit mois, deux ans sur notre sol, dans des conditions précaires, voire choquantes, mais que les délais puissent être réduits » affirme-t-il notamment à 21 minutes de la séquence filmée par l’Elysée.

Avant de prononcer, une minute plus tard, l’une des phrases les plus marquantes de son discours : « La première bataille, c’est de loger tout le monde dignement. Je ne veux plus d’ici la fin de l’année avoir des femmes et des hommes dans les rues. Dans les bois ou perdus. C’est une question de dignité, c’est une question d’humanité et d’efficacité là aussi. »

Une déclaration peu à peu sortie de son contexte

Le contexte dans lequel est prononcé cette phrase ne donne lieu à aucune ambiguïté : le jour même, La République du Centre indique ainsi : « Emmanuel Macron a annoncé dans son discours de ce matin, à Orléans, qu’il voulait que tous les migrants bénéficient d’un logement « dès leur première minute » de présence sur le sol français. Avec un traitement administratif concomitant. « Je ne veux plus, d’ici la fin de l’année, avoir des hommes et des femmes dans les rues, dans les bois. Je veux partout des hébergements d’urgence. » »

Mais, au fil de ses réutilisations hors-contexte, la phrase a été comprise comme une promesse vis-à-vis des sans-abri. Fin décembre 2017, à l’approche de la nouvelle année, Brut repartage ainsi cet extrait tel quel, pour montrer qu’Emmanuel Macron n’a plus que quelques jours pour tenir sa promesse.



« Je veux que nous puissions apporter un toit à toutes celles et ceux qui sont aujourd’hui sans-abri »

Le président de la République admettra finalement son échec vis-à-vis des demandeurs d’asile en février 2018, à l’occasion d’une rencontre avec l’Association de la presse présidentielle (APP) relatée par Paris Match : « Emmanuel Macron a rappelé que son engagement de ne plus avoir d’hommes ou de femmes dans les rues ou dans les bois avant la fin 2017 avait été tenu en juillet dernier lors d’un discours relatif à l’accueil des migrants. Mais il a reconnu, ce qui est rare, son échec : « Nous n’avons pas réussi. » »

Il réitère toutefois au passage l’espoir d’y parvenir à terme : « Ne plus avoir de personnes qui dorment dans la rue doit rester un objectif, on ne peut pas s’accommoder de cette situation. »

S’il est donc inexact d’attribuer cette promesse d’un objectif « zéro SDF » à Emmanuel Macron pendant son discours de juillet 2017, comme l’a justement rappelé le président de la République, ce dernier a en revanche émis un souhait similaire… à l’occasion de ses vœux pour l’année 2018 (à partir de 0’56 » ci-dessous).

« Je veux que nous puissions apporter un toit à toutes celles et ceux qui sont aujourd’hui sans-abri. Le gouvernement s’est beaucoup engagé ces derniers mois dans cette direction mais il y a encore des situations qui ne sont pas acceptables. Nous continuerons donc l’effort indispensable pour réussir à pleinement respecter l’engagement que j’ai moi-même pris devant vous » affirmait-il ainsi lors de son allocution.