Jean-Baptiste Guégan naît en Bretagne en 1983. Il a 9 ans lorsqu’il découvre Johnny Hallyday en concert à Paris Bercy et c’est une révélation pour lui.

Il évolue pendant plusieurs années dans le milieu du spectacle avec un nom de scène qui ne trompe pas puisqu’il se fait appeler Johnny Junior. Le grand public le découvre grâce à ses interprétations d’Allumer le feu ou Diego libre dans sa tête qui lui permettent de remporter la finale de la 13e édition de l’émission La France a un incroyable talent. En 2018, les choses s’accélèrent pour Jean-Baptiste Guégan, véritable sosie vocal de Johnny Hallyday, il ne fait pas moins de 200 dates de concert cette même année.

Une trentaine de zéniths ont été planifiés pour sa tournée en 2019 afin de rendre hommage à Johnny Hallyday, dans un spectacle intitulé la Voie de Johnny. En 2019, Jean-Baptiste Guégan enregistre son premier album. Cinq chansons écrites par Michel Mallory, grand ami et parolier de Johnny, et qui avait été acceptées par le chanteur, figurent sur cet album.

Sa carrière a explosé depuis la disparition de Johnny Hallyday, le 5 décembre 2017. Mardi 18 décembre, Jean-Baptiste Guégan, originaire de Trégueux (Côtes-d’Armor) a remporté la finale du concours La France a un incroyable talent sur M6. Rencontre avec l’étonnant sosie vocal de l’idole des jeunes.

Lundi 3 décembre, à Binic, cité balnéaire située à quelques encablures de Saint-Brieuc. Bistrot Le Charly. C’est ici que tout a commencé pour Jean-Baptiste Guégan, 35 ans, brun, les yeux clairs, un anneau à l’oreille, des bagues aux doigts, et des santiags aux pieds. Le Breton au look de rockeur se lève et entonne, d’une voix puissante, devants les clients du bar : « J’la croise tous les matins, cinq heures quarante. Elle va prendre son train et moi j’rentre… » Bluffant.

On ferme les yeux, on entend Johnny. « J’ai chanté ce morceau, ici, il y a dix-huit ans, pour un karaoké qu’animait Yves Jacq, mon ancien producteur. J’étais avec ma mère et ma grand-mère », se souvient le chanteur. Il y a un an, c’est sa reprise du Requiem pour un fou, filmée il y a quelques années dans une galerie marchande de Rennes et visionnée des centaines des milliers de fois sur YouTube, qui l’a fait connaître de la France entière.

Malgré l’assurance et l’aisance qu’il affiche, on perçoit chez cet artiste une sensibilité à fleur de peau. Ce que confirme Yann Duchesne, un ami de longue date qui l’accompagne ce jour-là. « Cela ne se voit pas comme ça, mais Jean-Baptiste est très timide. »

Deep Purple, les Scorpions, les Doors, les tubes des années 1960 et 1970… Jean-Baptiste Guégan a été biberonné à la musique qu’écoutait son père, « surtout les chansons de Johnny Hallyday ». Son premier concert ? Johnny, bien sûr, en 1992, à Bercy. Il a 9 ans. « J’en ai pris plein la gueule… Une véritable bête de scène. J’ai regardé mon père et je lui ai dit : un jour, je veux faire ça. »

L’école, les études, « ça n’a jamais été pour moi. J’ai appris avec la vie », confie-t-il. Lui, ce qu’il préfère, c’est chanter. « À l’instinct, il n’y avait pas de calcul. C’était une façon pour moi de m’exprimer et j’ai trouvé cela plutôt jouissif. Je peux chanter du Claude François mais ce sera avec la voix de Johnny. »

Cette voix, c’est Yves Jacq qui la remarque en 2000, lors de ce fameux karaoké à Binic. « J’étais scotché, comme les gens présents ! C’était tellement bluffant que personne n’osait prendre le micro après lui ! »

« J’ai perdu mon père spirituel »

L’adolescent se lance dans la chanson sous le nom de Johnny Junior et en fait sa profession. Avec Yves Jacq et son clavier arrangeur, il sillonne la Bretagne au gré d’événements durant dix-sept ans. « Des moments fabuleux », reconnaît-il.
La disparition de Johnny Hallyday, il y a un an, dans la nuit du 5 au 6 décembre 2017, le bouleverse profondément. « Je n’y croyais pas. Avec son décès, je perdais mon père spirituel, celui qui m’a aidé à grandir. »

La mort de son idole va changer le cours de sa carrière, notamment avec la rencontre de Christophe Porquet, aujourd’hui son agent et producteur. Ensemble, ils montent une tournée hommage à Johnny. Entouré des musiciens de l’orchestre marseillais Almeras, le Costarmoricain enchaîne les concerts avec près de quatre-vingt-dix dates au compteur, dont la Cigale, en septembre dernier. Sa notoriété grandit avec sa participation, depuis début novembre, à l’émission de M6 : La France a un incroyable talent. Et elle devrait encore s’amplifier, après son sacre en finale, ce mardi 18 décembre.

En parallèle, Jean-Baptiste Guégan rencontre Michel Mallory, ami et auteur-compositeur de Johnny Hallyday, avec lequel il réalise un disque. Pour cet album, qui sera enregistré à Nashville (capitale de l’État du Tennessee), le Costarmoricain interprétera des chansons inédites écrites pour Johnny et pour lui. « Jean-Baptiste y a mis sa patte, son talent. S’il n’avait été qu’un pâle imitateur il n’aurait pas pu devenir un artiste à part entière. Il possède le même grain de voix et le même vibrato que Johnny. Et je retrouve aussi chez lui ce côté écorché vif », appuie Michel Mallory, séduit par son talent et sa personnalité attachante.

Un Johnny Hallyday que Jean-Baptiste Guégan n’a jamais rencontré, à son grand regret. « Mais il savait que j’existais, il connaissait mes interprétations. D’ailleurs, il a dit de moi : “Il est de loin le plus près.” » Une belle consolation pour celui qui n’a jamais eu la prétention d’être Johnny. « Mais quand je monte sur scène, il coule dans mes veines. »