Il y a Mélanie, la jolie brune pulpeuse, engagée, et Diam’s la rappeuse à paillettes par qui le succès est arrivé. La chanteuse faisait salle comble.

Un succès qu’elle doit en réalité à son tempérament de battante car la chanteuse d’origine chypriote grecque par son père connaît huit ans de galère avant de percer. Passionnée par le rap qu’elle découvre à 12 ans, en 1992, au travers des sons du Dr Dre et de NTM, Mélanie monte son premier groupe en 1994, en classe de troisième. Un an plus tard, elle tombe par hasard sur une définition du mot diamant qui lui plaît particulièrement et décide donc de se muer en Diam’s. Après quelques contacts et des participations dans des groupes, elle rejoint le collectif Mafia Trece et participe à son premier album, Cosa Nostra en 1997. En 1999, elle renonce à ses études pour se consacrer à sa passion, et sort son premier album, Premier mandat, n’hésitant pas à s’entourer de noms du rap français (Monsieur R, Driver et Vibe) et américain (Khrist, Heather B).

Le début de la décennie 2000 marque un tournant dans la carrière de la rappeuse. La chanteuse Vitaa, devenue par la suite sa meilleure amie, l’inspire. Ensemble, elles s’unissent pour chanter Confessions noctures. Elle fait par ailleurs la rencontre de Choukri aux Francofolies, qui lui donne un gros coup de pouce pour se lancer, et devient son manager jusqu’en 2004. Jamel Debbouze remarque à la même période son titre Suzy et choisit de l’aider dans la promotion de son album Brut de femme, sorti en 2003, en emmenant Diam’s à Los Angeles. Son single DJ fait carton plein, tout comme son album, qui devient en 2005 double disque d’or. Diam’s remporte également une Victoire de la musique pour le meilleur album rap de l’année 2004. Entière, Diam’s se fait connaître pour ses prises de position contre le Front national, notamment dans Marine, sa chanson dédiée à l’héritière Le Pen. En 2006, après un voyage à l’Île Maurice, une région qu’elle affectionne tout particulièrement, Diam’s revient sur scène avec un nouvel album, Dans ma bulle, qui remporte encore un franc succès, notamment grâce au single La Boulette, diffusé sur toutes les radios de France. Au cours de l’été 2006, elle est nommée avec Sébastien Catillon à la tête de la nouvelle entité Motown France, émanation du célèbre label américain de musique noire et créé au sein d’ULM, une branche d’Universal Music France. En janvier 2007, elle gagne trois prix aux NRJ Music Awards, dont d’ailleurs celui de « la chanson francophone de l’année » pour La Boulette. En juin 2007, après avoir été reconnue comme la chanteuse française ayant vendu le plus de disques de l’année 2006, Diam’s fait son entrée au musée Grévin.

En 2009, après une année de retrait médiatique pour cause de dépression, Diam’s revient avec un single, Enfants du désert, tiré de son nouvel album S.O.S, lui-même inspiré par un voyage humanitaire de la chanteuse en Afrique. La même année, au mois d’octobre, la chanteuse fait beaucoup parler d’elle quand Paris Match publie des clichés d’elle sortant d’une mosquée, et portant un voile islamique. Un épisode sur lequel elle revient dans son autobiographie, Diam’s, publiée le 27 septembre 2012, expliquant ainsi son choix: « Ma décision de porter le voile est le fruit d’une réflexion personnelle, intime et mûrie, le fruit de mes lectures et de mes convictions. Jamais personne de mon entourage ne m’a dicté telle ou telle conduite à suivre. Absolument personne. »

Côté vie privée, Diam’s a épousé son compagnon Aziz fin 2009. Dans son autobiographie, Diam’s révèle aussi être devenue maman d’une petite fille, Maryam, à la fin de l’année 2011. Elle prend à nouveau la plume et publie en mai 2015, Mélanie, française et musulmane dans lequel elle évoque son divorce puis son remariage avec un compatriote d’origine grecque également converti à l’Islam avec lequel elle a eu un petit garçon, Abraham.