Macron et Philippe sont à leur plus bas niveau de popularité dans les sondages.

76% des Français portent un jugement «défavorable» sur l’action du chef de l’Etat, selon les sondages, cela sent pas bon du tout.

La cote de popularité d’Emmanuel Macron baisse de 3 points à 18% en un mois et celle d’Edouard Philippe chute de 6 points à 21%, pour atteindre leur plus bas niveau depuis leur entrée en fonction, selon un sondage YouGov diffusé jeudi.

Le chef de l’Etat a cédé 7 points en deux mois dans ce baromètre et 76% (+7) des Français interrogés portent désormais un jugement «défavorable» sur son action. Trois semaines après le début du mouvement des «gilets jaunes», il perd notamment 6 points auprès des sympathisants du centre et 5 chez ceux de la droite, selon cette enquête pour CNews et Le Huffpost.

Le gouvernement aussi est entraîné dans l’impopularité

Le Premier ministre, qui avait évité jusque-là les chutes brutale, voit son image dégradée avec l’aggravation de la crise. Il perd 14 points auprès des proches de la droite et 70% (+13) des personnes interrogées jugent négativement son action.

crise

Le couple exécutif entraîne aussi le gouvernement dans l’impopularité, avec 17% seulement (-3) d’avis favorables sur son action et 77% (+6) d’avis contraires. L’équipe gouvernementale perd notamment 11 points chez les sympathisants de droite et en gagne au contraire 3 auprès de ceux de gauche. 73% (+5) des Français interrogés considèrent en particulier que l’exécutif a une «mauvaise» gestion de l’économie.

Enquête réalisée les 28 et 29 novembre auprès de 1.006 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d’erreur de 1,4 à 3,1 points.

L’exécutif défend son plan de sortie de crise devant l’Assemblée nationale

Ce mercredi, le Premier ministre, Edouard Philippe, doit faire une déclaration « sur la fiscalité écologique et ses conséquences sur le pouvoir d’achat » devant les députés…

Au lendemain des annonces d’Edouard Philippe visant à apaiser les « gilets jaunes » et à réduire le risque d’un nouveau week-end de violences, l’exécutif passe son grand oral, ce mercredi, devant l’Assemblée nationale, pour défendre son plan de sortie de crise.

Le Premier ministre Edouard Philippe doit faire à 15 heures une déclaration « sur la fiscalité écologique et ses conséquences sur le pouvoir d’achat » devant les députés. Elle sera suivie de 3h30 au total d’interventions d’orateurs des groupes politiques, la moitié du temps étant dévolu aux oppositions. La procédure est prévue par la Constitution, mais elle est assez rare, et n’a jamais été mise en œuvre sur un sujet brûlant d’actualité.

Un recul pour l’exécutif

Pour le gouvernement, qui répétera l’opération jeudi au Sénat, cette fois sans vote, il s’agit d’enfoncer le clou après l’annonce d’un moratoire de six mois sur la hausse de la taxe carbone, d’un gel des tarifs du gaz et de l’électricité cet hiver, et du renoncement à durcir le contrôle technique automobile avant l’été. Ces mesures, parmi les plus demandées par les « gilets jaunes », et que presque toute la classe politique préconisait, constituent un recul pour l’exécutif, qui insistait jusqu’à ces derniers jours sur sa détermination à « garder le cap » fiscal de la transition écologique.

Emmanuel Macron et son Premier ministre ont fini par considérer qu’elles s’imposaient après trois semaines de blocages dans toute la France, ponctuées par deux samedis émaillés par des scènes d’émeutes, en particulier à Paris. Image troublante sur l’état de tension du pays : le président, cible privilégiée des critiques depuis la première journée de mobilisation contre la hausse des taxes sur les carburants, a été hué et insulté lors d’une visite surprise en fin de journée mardi à la préfecture du Puy-en-Velay, qui avait été incendiée samedi en marge d’un rassemblement de « gilets jaunes ».

Les appels à manifester maintenus

Selon un sondage BVA publié mardi soir, sept Français sur dix considèrent qu’un report de la hausse des prix des carburants prévue au 1er janvier justifierait l’arrêt des manifestations des « gilets jaunes ». Mais partout en France, les appels sur les réseaux sociaux à se mobiliser une nouvelle fois ce samedi sont pour l’heure maintenus. Éric Drouet, l’un des instigateurs du mouvement parmi les plus connus des « gilets jaunes », a appelé à « retourner à Paris »​ samedi, « près des lieux de pouvoirs, les Champs-Élysées, l’Arc de Triomphe, Concorde ». Dans l’immédiat, les partis d’opposition continuent de plaider un changement de politique.

La présidente du groupe PS à l’Assemblée, Valérie Rabault, a ainsi défendu mardi soir la mise en œuvre d’une « social-écologie » contre les inégalités. Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains au Sénat, relève que « le souci d’apaisement d’Édouard Philippe tranche avec l’obstination affichée il y a encore quelques jours. Mais après trois semaines de tensions et de violences, l’heure n’est plus à la demi-mesure ». Pour l’Insoumis François Ruffin, les mesures annoncées, « ça ne répond pas au mal de vivre ».