Les «Gilets jaunes» : Macron a annoncé un moratoire sur la hausse de la taxe sur les carburants.

Moratoire : La mesure sera suspendue pour plusieurs mois. La rencontre prévue mardi avec des représentants des « gilets jaunes ».

Le premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé mardi 4 décembre un moratoire sur la hausse de la taxe sur les carburants prévue le 1er janvier, afin de tenter d’apaiser la fronde des « gilets jaunes ». Par ailleurs, la réunion prévue à Matignon avec des représentants des gilets jaunes a été annulée, ceux-ci ayant fait savoir dès lundi soir qu’ils ne comptaient pas s’y rendre.

Suspension de plusieurs mesures fiscales

Le premier ministre va faire une déclaration télévisée à la mi-journée, selon Matignon. L’annonce du moratoire de plusieurs mois sur la hausse de la taxe sur les carburants, ou « suspension » dans sa qualification gouvernementale, devrait être assorti d’autres mesures.

taxe sur les carburants

Devant les députés LRM en réunion de groupe parlementaire à l’Assemblée, Edouard Philippe a confirmé le moratoire, pendant six mois. Il a aussi évoqué la suspension, sur la même période, de la convergence diesel-essence et de la hausse de la fiscalité sur le gazole entrepreneur non routier, selon les informations du Monde. Le gouvernement renonce, en outre, provisoirement à l’alourdissement des conditions de contrôle technique sur les automobiles qui était prévu l’an prochain. Enfin, il s’engage aussi à ce qu’il n’y ait pas de hausse du tarif de l’électricité d’ici à mai 2019.

« Ce que nous vivons, c’est un moment central de ce qui se passe dans un quinquennat, a déclaré le premier ministre, fustigeant « le climat de très grande violence » qui révèle « l état de notre démocratie et des menaces auxquelles elle est confrontée ».

Suspension insuffisante pour les « gilets jaunes » et l’opposition

Les « gilets jaunes » se montrent prudents sur l’annonce du moratoire. Benjamin Cauchy, l’une des figures du mouvement a salué « une première étape ». Mais « les Français ne veulent pas des miettes, ils veulent la baguette au complet », a-t-il déclaré à l’AFP en réclamant des « états généraux de la fiscalité », « une nouvelle répartition des richesses en France » et l’instauration de « référendums réguliers sur les grands enjeux sociétaux ». Le moratoire est « une cacahuète », a estimé pour sa part Laetitia Dewall, porte-parole des « gilets jaunes » du Val-d’Oise.

Le nouveau délégué général de LRM Stanislas Guerini a estimé sur RTL qu’un tel moratoire sur la hausse des taxes serait « sain » et qu’il fallait « apaiser le pays », encore sous le choc des graves violences de samedi dernier, notamment à Paris. Il était encore opposé à cette mesure il y a quelques jours.

Mais l’opposition ne se satisfait pas de cette annonce. La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, a estimé sur Twitter que le moratoire à venir sur la hausse des taxes sur les carburants n’était « évidemment pas à la hauteur des attentes » des Français.

« C’est une proposition qui est bien en deçà de ce que souhaite le mouvement des “gilets jaunes” », a jugé, de son côté, le chef de file des sénateurs LR Bruno Retailleau sur Public Sénat, réclamant « une annulation » pure et simple.

« Mieux vaut tard que jamais », mais il faut aussi un coup de pouce au smic, a réagi l’ancienne ministre socialiste de l’écologie Ségolène Royal, sur Radio Classique.

Le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, a appelé les « gilets jaunes » à maintenir leur mobilisation partout en France sauf à Paris, après les violences de samedi. « La mobilisation doit continuer, car le moratoire ne suffit pas. Mais il faut éviter à tout prix les manifestations qui dégénèrent », a développé le député de l’Essonne.

Des lycées toujours bloqués

Plusieurs dizaines de lycées sont toujours perturbés mardi matin, dans la poursuite du mouvement débuté lundi et porté par la vague de contestation des « gilets jaunes », selon les données du ministère de l’éducation nationale.

C’est à Marseille que les lycéens sont les plus mobilisés : la ville compte 21 établissements perturbés, dont dix bloqués. Au total, 23 lycées sont perturbés sur l’académie de Marseille -Aix-en-Provence.

A Nice, environ 300 lycéens provenant de quatre lycées ont bloqué plusieurs axes de circulation, dont la promenade des Anglais, selon nos informations. Plusieurs centaines d’élèves se sont aussi rassemblés devant l’hôtel de Ville à Cannes.

La presse locale rapporte des échauffourées à proximité de certains établissements dans l’académie de Toulouse, qui concentrait la veille la moitié des lycées perturbés. Un lycée est même en feu à Blagnac, a posté sur Twitter le rédacteur en chef adjoint du site ActuToulouse. « Des feux de poubelles ont été allumés devant le lycée professionnel Roland-Garros » à Toulouse, rapporte aussi La Dépêche.

Les CRS font usage de flash-balls et fumigènes à Bordeaux, d’après une journaliste locale.

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