La lettre ouverte à Macron d’une victime de Mohamed Merah.

Mohamed Merah : L’épineux dossier du retour des Français retenus par les forces kurdes en Syrie a resurgi avec l’annonce du retrait américain de la zone.

Malgré sa réticence initiale, Paris semble désormais résolu à envisager ces retours, plutôt que de les voir s’évanouir dans la nature.

Le père d’une des sept personnes tuées par le jihadiste toulousain Mohamed Merah en 2012 interpelle Emmanuel Macron. Albert Chennouf-Meyer demande au président de la République d’empêcher le rapatriement des Français retenus par les forces kurdes en Syrie, dans une lettre rendue publique samedi 9 février.

Malgré sa réticence initiale, Paris semble désormais résolu à envisager ces retours, plutôt que de les voir s’évanouir dans la nature.

Un “devoir de protéger le peuple”

“Monsieur le Président, vous allez dans les semaines à venir faire revenir 130 djihadistes français, dont une partie ont les mains rouges du sang de nos enfants. Je tiens à m’élever de toutes mes forces contre cette criminelle décision”, écrit notamment Albert Chennouf-Meyer.

“Je vous demande solennellement de surseoir à cette décision, voire de refuser leur retour et (de) les confier à la Syrie”, poursuit-il, estimant que le “devoir premier” du président est de “protéger le peuple”. “Vous n’êtes pas sans savoir que parmi les islamistes de retour, il y a des individus qui ont contribué à aider le terroriste musulman Mohamed Merah”, rappelle-t-il

VIDEO. “Il y a évidemment eu une erreur d’appréciation” : quand l’antiterrorisme regrette d’être passé à côté de l’affaire Merah

Dans un documentaire diffusé mardi soir sur France 2, les principaux chefs du renseignement français témoignent.

“On est passé à côté.” Le constat de François Molins est sans appel. L’ancien procureur de la République de Paris revient sur la série d’attentats attribués à Mohamed Merah, qui a causé la mort de sept personnes en 2012. Dans le documentaire Histoire secrète de l’antiterrorisme, diffusé sur France 2 mardi 13 novembre, il reconnaît les erreurs des services de renseignement.

“Ça vous marque à vie”

Pour leur enquête, les réalisateurs Patrick Rotman et Vincent Nouzille ont interrogé de nombreuses “sentinelles de l’antiterrorisme”. Parmi elles encore : Amaury de Hauteclocque, ancien chef du Raid. Mohamed Merah “avait été considéré comme non-agressif ou, en tout cas, pas comme étant en capacité de passer en phase d’action. C’est sûrement une erreur d’appréciation, on le sait maintenant. Il y a évidemment eu une erreur d’appréciation. Après coup, c’est tellement facile de juger“, regrette-t-il.

Mohamed Merah

Et Bernard Squarcini, ancien directeur central du renseignement intérieur, d’ajouter : “Ça vous marque à vie. C’est malheureux, mais quand vous voyez la vidéo de la tuerie de l’école juive, vous ne pouvez plus vivre comme avant. Et là vous vous dites : ‘Qu’est-ce qu’on aurait dû faire pour éviter tout ça ?'”