Une perte d’argent importante pour tous les retraités tous les mois à cause de hausse de la CSG.

CSG

De janvier à octobre 2018, le pouvoir d’achat a été affecté par la hausse des prix des produits pétroliers et la bascule des cotisations sociales vers la CSG.

Lors de l’année 2018, les retraités ont vu leur train de vie baisser de 2% à cause des réformes du gouvernement, la hausse des produits pétroliers et la bascule des cotisations sociales vers la CSG.

Ces 2% représentent 39€ par mois et par personne. Si on peut attribuer la hausse des produits pétroliers à la hausse du prix brute, elle est aussi à mettre sur le dos de l’augmentation de la taxe TICPE.

Au cours des dix premiers mois de 2018, le pouvoir d’achat des ménages a été affecté par la forte hausse des cours du pétrole brut ainsi que par plusieurs mesures sociales et fiscales (encadré). La taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) a augmenté au 1er janvier, entraînant de facto une hausse de la TVA acquittée sur ces produits. Du fait de ces hausses des taxes indirectes et de la remontée des cours du pétrole, les prix toutes taxes comprises de l’essence, du gazole et du fioul domestique ont progressé de respectivement 11 %, 19 % et 27 % entre décembre 2017 et octobre 2018. Sur la même période, les cotisations sociales salariales maladie et chômage ont été supprimées et les cotisations maladie et famille ont diminué pour les travailleurs indépendants, en contrepartie d’une hausse de 1,7 point du taux de la contribution sociale généralisée (CSG). Si la CSG a augmenté au 1er janvier, les cotisations sociales ont été supprimées en deux temps, au 1er janvier et au 1er octobre.

Parmi toutes les personnes qui ont vu leur train de vie encore prendre un coup à cause des mesures fiscales prises par le gouvernement, les retraités sont loin d’être en reste. Surtout à cause de la hausse de la CSG.

hausse CSG

Entre décembre 2017 et octobre 2018, l’essence a vu son prix augmenter de 11%, 19% pour le diesel, et 27% pour le fioul domestique.

Au même moment, il y a également eu la suppression des cotisations sociales salariales maladies et chômage, ce qui a été vendu en contrepartie d’une hausse de 1,7 point de la CSG.

Mais si celle-ci a augmenté, les cotisations sociales ont quant à elles été supprimées.

les retraités

Ces évolutions touchent différemment les personnes en fonction de leur statut d’activité, du type de territoire dans lesquels elles vivent et de leur position dans l’échelle des niveaux de vie.

Le gain dû à la bascule des cotisations sociales vers la CSG est plus qu’effacé par le renchérissement des produits pétroliers

En décembre 2018, Emmanuel Macron avait annoncé que la CSG serait annulée à partir de janvier 2019 pour les retraités qui touchaient moins de 2000 euros par mois, en se basant sur leur revenu fiscal.

Les retraités se retrouvent donc avec 39€ de moins par mois, car, ne touchant plus de salaires, ils ne sont pas concernés par la suppression des cotisations sociales, mais doivent cependant payer la hausse de la CSG.

hausse de la CSG

Dans les milieux ruraux, où les dépenses en carburant et en fioul domestique sont plus élevées, les résultats ne sont pas les mêmes. Les retraités qui vivent hors des villes de plus de 20 000 habitants perdent donc 2,3% par mois, alors que ceux qui vivent en métropole perdent 1,8% par mois.

En résumé, peu importe que les retraités soient dans des milieux aisés ou non, peu importe qu’ils vivent en ville ou non, ils seront dans tous les cas forcément perdants.

En octobre 2018, les dépenses de carburants et de fioul domestique des ménages sont plus élevées de 500 millions d’euros par rapport à une situation sans hausse des prix des produits pétroliers. Cette augmentation est due pour un tiers à la hausse de la TICPE et pour deux tiers à celle des prix hors taxe. À l’inverse, la bascule des cotisations sociales vers la CSG accroît de 120 millions d’euros le revenu disponible total des ménages. En définitive, le revenu disponible total (corrigé des dépenses de carburants et de fioul domestique) est inférieur de 380 millions d’euros à ce qu’il aurait été en l’absence de cette hausse des prix des produits pétroliers et de la bascule cotisations sociales / CSG.

Macron retraite

En moyenne, cela représente un niveau de vie corrigé inférieur de 0,4 % en octobre 2018, soit – 7 euros. Cette perte se décompose en un gain de 5 euros lié à la bascule, et des pertes de 4 euros, dues à la hausse de la fiscalité des énergies, et de 8 euros, liées à la hausse des prix hors taxe des produits pétroliers.

Un très léger gain pour les ménages en emploi mais une perte significative pour les retraités

Les effets conjugués diffèrent cependant pour les personnes en emploi et les retraités, la bascule des cotisations sociales vers la CSG les affectant de manière très différenciée. Les ménages dont la personne de référence est en emploi (dits ménages en emploi) ressortent très légèrement gagnants au total. Leur niveau de vie corrigé est supérieur en moyenne de 0,2 % (+ 5 euros par mois) à ce qu’il aurait été en l’absence de la hausse des prix des produits pétroliers et de la bascule des cotisations sociales vers la CSG. Cette bascule accroît leur niveau de vie mensuel de 17 euros en moyenne, alors que la hausse des prix des carburants et du fioul domestique le réduit de 12 euros.

retraité en colère

À l’inverse, les ménages dont la personne de référence est retraitée (dits ménages retraités) sont perdants. Leur niveau de vie corrigé est inférieur en moyenne de 2,0 % (soit – 39 euros) à ce qu’il aurait été en l’absence de ces évolutions. En effet, la bascule des cotisations sociales vers la CSG réduit leur niveau de vie mensuel de 27 euros en moyenne, auxquels s’ajoute une perte de 12 euros due à la hausse des prix des carburants et du fioul domestique.

Les territoires ruraux et les petites unités urbaines plus affectés que les grandes villes

Les effets négatifs de la hausse des prix des produits pétroliers décroissent avec la taille de l’unité urbaine. Les dépenses en carburant et en fioul domestique sont en effet plus importantes dans les territoires ruraux où les ménages se chauffent plus souvent au fioul et où l’usage de la voiture est indispensable, qu’à Paris ou à Lyon où la voiture est minoritaire dans les déplacements domicile-travail [Bolusset et Rafraf, 2019]. Pour les ménages résidant en milieu rural, la perte de niveau de vie corrigé due à la hausse des prix des produits pétroliers atteint 0,9 % quand la personne de référence est en emploi (figure 2) et 1,0 % quand elle est retraitée (figure 3). À l’autre extrémité, pour les ménages résidant dans l’agglomération parisienne, la perte se limite à 0,3 % pour les ménages en emploi ou retraités.

Les effets de bascule des cotisations sociales vers la CSG sont quant à eux peu différenciés selon la taille de l’unité urbaine. Pour les ménages en emploi, ils sont néanmoins légèrement plus favorables dans l’unité urbaine de Paris où les salaires sont en moyenne plus élevés. Pour les ménages retraités, ils sont un peu plus défavorables dans cette même unité urbaine, du fait de la part plus importante des revenus du patrimoine assujettis à la CSG.

perte d'argent

Au total, les ménages en emploi résidant dans les communes rurales ne bénéficient pas des effets conjugués de la bascule et de l’évolution des prix des produits pétroliers : leur niveau de vie corrigé baisse de 0,1 %. Pour les autres ménages en emploi, les effets conjugués sont légèrement positifs et varient de + 0,1 % dans les unités urbaines de moins de 20 000 habitants à + 0,7 % dans l’unité urbaine de Paris.

Les ménages retraités sont perdants, quelle que soit la taille de l’unité urbaine. Cependant, la perte est plus élevée en milieu rural (– 2,3 %) et dans les unités urbaines de moins de 20 000 habitants (– 2,1 %) que dans les métropoles (– 1,8 % dans l’unité urbaine de Paris par exemple).

Pour les actifs occupés, des effets conjugués plus défavorables pour les plus modestes et neutres pour les plus aisés

Le niveau de vie corrigé des ménages en emploi appartenant aux 10 % les plus modestes de la population diminue de 0,6 %, car leurs dépenses en carburants et en fioul domestique représentent une part plus importante de leur revenu disponible (figure 4). À l’autre extrémité, le niveau de vie corrigé des ménages en emploi appartenant aux 10 % les plus aisés est quasi inchangé : la CSG sur les revenus du patrimoine augmente fortement ce qui compense en grande partie la baisse de cotisations sur les revenus d’activité. Les effets conjugués sont plus favorables pour les ménages en emploi situés entre le 3e et le 9e décile.