Les révélations "choc" d'un directeur d'Ehpad sur le business des seniors.

Les révélations “choc” d’un directeur d’Ehpad sur le business des seniors.

Ancien directeur dans un grand groupe automobile, il avait tout plaqué pour se consacrer à la direction de deux Ehpad, la suite …

Cette expérience, le Cannois Jean Arcelin, 53 ans, la raconte dans un livre, Tu verras maman, tu seras bien (XO éditions, 528 pages, 19,90 euros) montrant l’envers du décor de ces maisons de retraite qui font la Une de l’actualité ces derniers jours. Il dénonce la rentabilité à outrance.

Quelles choses vous ont le plus marqué dans votre expérience ?

J’ai vu des choses magnifiques. Notamment une histoire d’amour entre des pensionnaires.

L’implication des équipes est aussi l’un des plus beaux souvenirs de ma vie. Mais il y a eu aussi des scènes traumatisantes. Un soir, je me suis retrouvé dans des étages déserts. Il n’y avait pas assez de personnel, il manquait trois aides-soignantes sur neuf.

business Ehpad

Au bout d’un couloir, j’ai aperçu une femme qui s’accrochait à une rambarde. Je l’ai vue s’affaisser, elle était nue.

Elle traînait derrière elle des couches souillées. Je l’ai prise dans mes bras pour la soutenir. L’absentéisme, en plus du manque de moyen, est souvent une réalité. Le matin, lorsque tous les effectifs sont là, en tant que directeur, on est content.

Jean Arcelin

Les employés sont souvent pointés du doigt. Comment réagissez-vous à ces affaires, comme celle de l’aide soignant condamné à 5 ans de prison ferme pour avoir violenté une pensionnaire d’un Ehpad à Arcueil ?

Il y a des cas isolés, mais j’ai le plus souvent vu beaucoup d’humanité parmi les personnels. Il faut prendre en compte tout le système. Celui du cynisme des hiérarchies, de la rentabilité. Les aides-soignants ne sont pas suffisamment nombreux. Pour la nourriture, le constat est le même et il m’a toujours posé problème.

Comment voulez-vous nourrir décemment quelqu’un toute une journée avec 4,35 euros ? Est-ce normal ? Surtout quand vous faites payer jusqu’à 3.000 euros par mois à vos pensionnaires.

révélations

Votre expérience s’est terminée par un burn-out…

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