Voici à quoi va ressembler l’année 2019 pour Emmanuel Macron.

2019 ! Macron pourra-t-il rebondir après une année difficile? Entre l’affaire Benalla, les démissions de Hulot et Collomb, ou la crise des «gilets jaunes».

2018, annus horribilis pour Emmanuel Macron. Entre l’affaire Benalla, les démissions de Nicolas Hulot et de Gérard Collomb, ou la crise des « gilets jaunes », le chef de l’Etat a vécu des mois difficiles. Le président de la République pourra-t-il inverser la tendance en cette nouvelle année ? 20 Minutes fait le point avec Jérôme Sainte-Marie, politologue et fondateur de l’institut PollingVox.

La crise des « gilets jaunes » n’est pas terminée

Face à la crise, Emmanuel Macron a dégainé plusieurs mesures de soutien au pouvoir d’achat. « C’est une réponse pleinement assumée, que j’ai voulue, à ce que j’ai considéré être la demande juste, la colère juste du peuple français », a déclaré le chef de l’Etat lors d’une conférence de presse au Tchad dimanche. Mais le mouvement, en baisse pendant les fêtes, pourrait reprendre à la rentrée. La mise en placedu prélèvement à la source, fin janvier, pourrait relancer la grogne. « Cette histoire n’est pas finie », juge ainsi un conseiller du chef de l’Etat dans le Monde.

sévérité

Des difficultés pour réformer

En 2019, le gouvernement prévoit la poursuite des réformes, dont plusieurs potentiellement explosives : l’assurance-chômage, la fonction publique et les retraites. « Une partie des Français s’est placée dans un état d’opposition radicale et durable à Emmanuel Macron. L’impopularité massive du président n’est plus virtuelle : elle a pris une dimension concrète et donc un poids politique. C’est un combustible pour n’importe quel mouvement d’opposition à venir, sur n’importe quelle réforme », avance Jérôme Sainte-Marie. « Les gens se sont politisés, par conversations virtuelles ou directes, et ils ont découvert leur force collective. Ils ont obtenu le retrait des hausses de carburant et des mesures sociales. Le gouvernement vit donc sous la menace d’un feu mal éteint ».

Plusieurs débats, comme la réforme institutionnelle ou la PMA, ont déjà été repoussés. « Tout ce qu’on va faire sera désormais l’objet de fantasmes et réformer sera beaucoup plus compliqué qu’avant », confie un poids lourd du gouvernement à RTL.

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Une croissance délicate, un déficit creusé

Les mauvaises nouvelles ont déferlé vendredi pour le gouvernement : croissance finalement moins forte, dette publique approchant les 100 % du PIB (à 99,3 %) au troisième trimestre, consommation en baisse. Par ailleurs, les mesures prises pour répondre aux « gilets jaunes » coûteront plus de 10 milliards d’euros, contraignant le gouvernement à un creusement du déficit à 3.2 % du PIB pour 2019.

L’exécutif pourrait rebondir aux Européennes

Le premier trimestre de l’année sera celui de la grande concertation nationale, annoncée par Emmanuel Macron. Ce débat se penchera sur quatre grands thèmes (transition écologique, fiscalité, organisation de l’État, et démocratie et citoyenneté, dont l’immigration). Il devra déboucher « fin mars-mi avril » sur « des décisions très concrètes, en fonction des consensus identifiés », a déjà annoncé Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement. « Ce grand débat national permet au gouvernement de reprendre l’initiative même s’il prend le risque de créer une attente dans l’opinion », assure le politologue.

gilets jaunes

« Paradoxalement, les Européennes pourraient être une bonne nouvelle. Cela permettra de remobiliser les électeurs de Macron sur un sujet qui leur est favorable. En se positionnant comme meilleur barrage face au Rassemblement national, la République en marche pourrait en tirer un avantage, étant donné l’état de dispersion de l’opposition ».

Une majorité toujours solide

Malgré les sondages de popularité en berne, Emmanuel Macron possède une solide base dans l’opinion : Le président ferait d’ailleurs mieux qu’en 2017 en cas de nouvelle élection présidentielle, d’après un sondage de l’Ifop. Le chef de l’Etat possède également une majorité solide pour gouverner. « Contrairement à François Hollande, il n’a pas de frondeurs en interne (Sébastien Nadot est, seul député à avoir voté contre le budget 2019, a été exclu du groupe LREM), ajoute Jérôme Sainte-Marie. Emmanuel Macron pourrait même espérer des ralliements en cas d’échec du PS ou de LR aux Européennes ».